- ENTREE de SECOURS -



lundi 22 octobre 2018

Visualiser les 8 forces principales qui façonnent l’avenir de l’économie mondiale

par Tyler Durden
Dim., 21/10/2018 - 21:00
Écrit par Jeff Desjardins via VisualCapitalist.com,


"Je ne peux pas changer la direction du vent, mais je peux régler mes voiles pour atteindre toujours ma destination."
- Jimmy Dean

Le monde change plus vite que jamais.

Avec des milliards de personnes hyper connectées les unes aux autres dans un réseau mondial sans précédent, il permet une diffusion presque instantanée et sans friction de nouvelles idées et innovations.

Combinez ce lien avec une démographie en évolution rapide, des valeurs et des attitudes changeantes, une incertitude politique croissante et des avancées technologiques exponentielles. Il est clair que la prochaine décennie s'annonce comme une transformation historique.

Mais où se croisent toutes ces grandes tendances et comment pouvons-nous donner un sens à un monde englouti par la complexité et les nuances? En outre, comment mettons-nous les voiles pour tirer parti des opportunités offertes par cette mer de changement?

L'INTERSECTION DES DONNÉES ET DES VISUELS PUISSANTS
L’interprétation d’énormes quantités de données sur l’évolution du monde peut être éprouvante, même pour les plus brillants penseurs.

C’est pour cette raison que toute l’équipe de Visual Capitalist s’emploie à utiliser le pouvoir de la narration visuelle pour rendre l’information mondiale plus accessible. Notre équipe de concepteurs d'informations travaille quotidiennement à la transformation de données complexes en graphiques à la fois intuitifs et perspicaces, vous permettant ainsi de visualiser les tendances globales sous un nouvel angle.

Après tout, la science dit que 65% des gens sont des apprenants visuels - alors pourquoi ne pas mettre les données dans une langue qu’elles peuvent comprendre?

Alors que nous publions régulièrement nos visuels dans un format en ligne, notre plus récent effort a été de rassembler nos meilleurs graphiques, infographies et visualisations de données: notre nouveau livre Visualizing Change: Un instantané de notre monde, fondé sur les données, livre à couverture rigide d'une page sur les forces qui façonnent les affaires, la richesse, la technologie et l'économie.

Le livre se concentre sur huit thèmes principaux allant de la géographie humaine en mutation à l'évolution constante de la monnaie. Et ci-dessous, nous présentons certaines des visualisations clés du livre qui servent d'exemples relatifs à chaque thème principal.

1. L’invasion technologique
Au cours de la majeure partie de l’histoire des affaires, les principales sociétés mondiales ont été axées sur l’industrie.

Des pionniers comme Henry Ford et Thomas Edison ont innové dans le domaine physique en utilisant des atomes - ils ont trouvé de nouvelles façons de réorganiser ces atomes pour créer des éléments tels que la chaîne de montage et l'ampoule à incandescence. Ensuite, les entreprises ont investi des sommes considérables en capital pour construire des usines, payer des milliers de travailleurs et construire ces installations.

La majorité des grandes entreprises de premier ordre ont été construites de cette façon: IBM, les États-Unis d’Acier, General Electric, Walmart et Ford ne sont que quelques exemples.

Mais la réalité des affaires d’aujourd’hui est très différente. Nous vivons dans un monde d'octets - et pour la première fois, la technologie et le commerce sont entrés en collision de manière à rendre les données beaucoup plus précieuses que des objets physiques et tangibles.

Le meilleur endroit pour voir cela réside dans la valorisation du marché par les entreprises.


Comme vous pouvez le voir ci-dessus, des sociétés comme Apple, Amazon et Microsoft ont supplanté les sociétés traditionnelles de premier ordre qui construisent des choses physiques.

L'invasion technologique exploite la connectivité, les effets de réseau, l'intelligence artificielle et une envergure sans précédent pour créer des plates-formes mondiales avec lesquelles il est presque impossible de rivaliser. L'invasion de la technologie a déjà pris le contrôle de la vente au détail et de la publicité - et les forces envahissantes sont désormais tournées vers la santé, la finance, la fabrication et l'éducation.

Les atomes auront-ils jamais plus de valeur que les octets?

Faits intéressants:


2. L'ÉVOLUTION DE L'ARGENT
L’argent est sans doute l’une des inventions les plus importantes de l’humanité. Des peaux de castor aux lingots d’or, la forme et la fonction de la monnaie ont constamment fluctué au cours de l’histoire.

Dans le monde moderne, la définition de l'argent est plus floue que jamais. Les banques centrales ont choisi de créer des milliards de dollars de monnaie à partir de l'air depuis la crise financière. En contrepartie, vous pouvez utiliser la technologie blockchain pour créer votre propre crypto-monnaie concurrente en quelques clics.

Indépendamment de ce qui est de l'argent et de ce qui ne l'est pas, les gens en empruntent des sommes record.

Le monde a maintenant amassé 247 000 milliards de dollars de dettes, dont 63 000 milliards empruntés par les gouvernements centraux:


Dans les conditions monétaires inhabituelles d’aujourd’hui, le surendettement n’est qu’une anomalie.

Voici d’autres exemples qui illustrent l’évolution de la monnaie: le Venezuela a hypertrophié la quasi-totalité de la valeur de sa monnaie, la «guerre à la trésorerie» fait rage dans le monde entier, les banques centrales prêtent de la monnaie à des taux d’intérêt négatifs (Suède, Japon, États-Unis). Suisse, etc.) et les crypto-monnaies telles que Bitcoin valent collectivement plus de 200 milliards de dollars.

Notre perception de l'argent - et l'évolution de cette perception au fil du temps - constituent un facteur sous-jacent qui influence notre avenir.

Faits intéressants:


3. LE PAYSAGE DE LA RICHESSE
La richesse n’est pas stagnante - et pour ceux qui cherchent à tirer le meilleur parti des opportunités mondiales, il est impératif de se faire une idée de l’évolution du paysage de la richesse.

La vision moderne est extrêmement saine ou bouillonnante, selon votre point de vue: Amazon et Apple valent plus de 1 billion de dollars, Jeff Bezos a une fortune de plus de 100 milliards de dollars et le marché haussier actuel est le plus long de l'histoire moderne à 10 ans. .

Cette croissance va-t-elle continuer et d'où viendra-t-elle?

Voici un aperçu des projections de la Banque mondiale:


En dépit de ces estimations, les très-riches s'inquiètent d'une panoplie d'articles, allant du retour attendu de l'inflation à un monde où les cygnes noirs géopolitiques semblent se répandre.

Voici pourquoi ceux qui construisent et protègent la richesse sont à juste titre concernés par ces événements:


Mais le paysage de la richesse ne se limite pas aux milliardaires et aux grandes entreprises - il évolue également de manière intéressante. Par exemple, la définition de la richesse elle-même prend un nouveau sens, la génération du millénaire conduisant à la charge de l'investissement durable plutôt que d'être entièrement axée sur le rendement monétaire.

À quoi ressemblera le paysage de la richesse dans dix ans?

Faits intéressants:


4. PROMESSES DE L'EST
L'essor économique de la Chine est une histoire fascinante depuis des décennies.

Jusqu'à récemment, nous n'avions qu'un aperçu de ce que la superpuissance orientale était capable de faire - et dans les années à venir, ces promesses se concrétiseront à une échelle qui sera encore déconcertante pour beaucoup.

Naturellement, l’ampleur de la population et de l’économie de la Chine peut encore être difficile à mettre en perspective.

La carte suivante peut aider, car elle combine les deux éléments pour montrer que la Chine compte d'innombrables villes ayant chacune une productivité économique supérieure à celle de pays entiers.


En fait, la Chine compte plus de 100 villes de plus d'un million d'habitants. Ces villes, dont beaucoup passent inaperçues sur la scène mondiale, ont chacune une économie impressionnante, qu’elles soient construites à partir d’usines, de la production de ressources naturelles ou de l’économie de l’information.

Comme exemple impressionnant, le delta du Yangtsé - une seule région comprenant Shanghai, Suzhou, Hangzhou, Wuxi, Nantong, Ningbo, Nanjing et Changzhou - a un PIB (PPA) de 2 600 milliards de dollars, soit plus que l’Italie.

Faits intéressants:


5. ACCÉLÉRER LES PROGRÈS TECHNOLOGIQUES
Comme nous l’avons déjà vu, de nombreux aspects du changement auront une incidence sur notre avenir commun.

Mais voici le bon départ: en ce qui concerne le progrès technologique, le rythme du changement lui-même s’accélère. Chaque année apporte plus d'avancées technologiques que les années précédentes et, une fois que le «bâton de hockey» exponentiel a basculé, les innovations pourraient se produire à un rythme aveugle.


Cela pourrait être décrit comme une fonction de la loi de Moore, et la loi des retours accélérés est également une chose dont les futurologues comme Ray Kurzweil parlent depuis des décennies.

Il est intéressant de noter qu’un autre élément de l’accélération du changement s’applique davantage au monde des affaires et à l’économie. Non seulement la vitesse du changement s'accélère, mais, pour diverses raisons, les marchés peuvent adopter les nouvelles technologies plus rapidement:


Les nouveaux produits peuvent atteindre des millions d'utilisateurs en quelques mois à peine, et le jeu Pokémon Go constitue une étude de cas intéressante sur ce potentiel. Le jeu a attiré 50 millions d'utilisateurs en seulement 19 jours, ce qui est un clin d'œil par rapport aux automobiles (62 ans), au téléphone (50 ans) ou aux cartes de crédit (28 ans).

Les nouvelles technologies étant créées à un rythme accéléré - et adoptées à une vitesse record par les marchés -, il est juste de dire que l’avenir pourrait se présenter à une vitesse vertigineuse.

Faits intéressants:


6. LA RÉVOLUTION VERTE
Ce n’est un secret pour personne que notre civilisation est en pleine mutation sismique vers des sources d’énergie plus durables.

Toutefois, pour bien comprendre l’importance de ce changement, il faut examiner l’ensemble de l’énergie au fil du temps. Vous trouverez ci-dessous un tableau de la consommation d’énergie américaine de 1776 à aujourd’hui, qui montre que l’énergie utilisée pour le développement de l’énergie n’est ni permanente ni statique au cours de l’histoire.


Et compte tenu de la rapidité avec laquelle la technologie évolue, nous nous attendons à ce que notre infrastructure énergétique et nos systèmes de distribution évoluent à un rythme encore plus rapide qu’auparavant.

Faits intéressants:


7. CHANGER LA GÉOGRAPHIE HUMAINE
La démographie mondiale change constamment, mais le raz-de-marée de la population des prochaines décennies va complètement refaçonner l’économie mondiale.

Dans les pays occidentaux et en Chine, les populations se stabiliseront en raison des taux de fécondité et des maquilleurs démographiques. Pendant ce temps, sur le continent africain et dans le reste de l'Asie, les populations en forte croissance, combinées à une urbanisation rapide, se traduiront par la croissance de mégapoles, qui compteront plus de 50 millions de personnes.

À la fin du XXIe siècle, cette animation montre que l’Afrique à elle seule pourrait contenir au moins 13 mégapoles plus grandes que New York:


À l’heure actuelle, il est prévu que l’Amérique du Nord, l’Europe, l’Amérique du Sud et la Chine ne formeront plus aucune des 20 villes les plus peuplées du monde. Quels autres changements de la géographie humaine vont changer la donne ?

Faits intéressants:


8. LE PARADOXE DU COMMERCE
Par définition, un commerce consensuel et rationnel entre deux parties est une transaction qui améliore leur situation.

Basés sur ce principe microéconomique et sur le consensus des économistes pour affirmer que le libre-échange est finalement bénéfique, les pays du monde entier s’efforcent sans relâche de supprimer les barrières commerciales depuis la Seconde Guerre mondiale avec un grand succès.

Mais rien n'est jamais simple et ces vérités conservées de longue date sont maintenant contestées dans des contextes à la fois sociétaux et politiques. Nous semblons maintenant piégés dans un paradoxe commercial dans lequel les hommes politiques font du bout des lèvres le libre-échange, mais agissent souvent dans le sens opposé.

Pour avoir une idée de l’importance du commerce entre deux pays, nous avons précédemment documenté la relation en cours entre les États-Unis et le Canada, dans laquelle chaque pays est le meilleur client de l’autre:


Avec le récent accord USMCA, les deux pays semblent avoir réglé leurs différends pour le moment - mais le paradoxe du commerce restera un thème récurrent en matière d'économie et d'investissement au niveau mondial pendant de nombreuses années à venir, en particulier dans la guerre commerciale contre la Chine. fait rage.

Points à considérer:


COMMENT VISUALISER LE CHANGEMENT

Les forces qui sous-tendent le changement ne sont pas toujours évidentes à l'œil nu, mais nous croyons qu'en fusionnant données, art et narration, nous pouvons créer un contexte puissant sur les tendances qui façonnent notre avenir.

Si vous avez apprécié notre résumé ci-dessus, vous pouvez explorer ces idées plus en détail avec notre livre «Visualizing Change», qui propose 256 pages d'infographies, de visualisations de données et de diagrammes sur l'évolution future de la technologie et de l'économie mondiales.


samedi 20 octobre 2018

Un élève armé menace sa prof pendant une leçon, la France sous le choc


12:09 20.10.2018


Les faits se sont déroulés dans le lycée Édouard Branly de Créteil, lorsqu'un adolescent a… braqué sa professeur avec une arme en lui ordonnant de le noter «présent» et non «absent» à un cours de biotechnologie, selon  Le Parisien.

Alors que l'élève armé menaçait la femme, un de ses camarades de classe s'amusait à faire des doigts d'honneur face à la caméra, le tout accompagné de chahut et de rires.

Filmée jeudi matin, la vidéo a été largement diffusée sur les réseaux sociaux.

Une enquête, menée par les policiers du commissariat de Créteil, a été ouverte vendredi vers 16 heures après que la professeur a porté plainte, poursuit le média.

Vendredi, les deux adolescents qui apparaissent sur la vidéo ont été placés en garde à vue, comme le précise l'AFP en se référant au parquet de Créteil et soulignant qu'il s'agissait d'une arme factice.

La vidéo a été massivement discutée sur les réseaux sociaux. Ainsi, de très nombreux Français se sont déclarés être révoltés par cette scène filmée dans un établissement scolaire.

vendredi 19 octobre 2018

Électricité : 10 associations professionnelles européennes tirent la sonnette d’alarme

Par Michel Gay.
19 OCTOBRE 2018


Le 9 octobre 2018,  10 associations nationales de compagnies d’électricité de 10 pays européens1 ont signé à Berlin une déclaration commune pour avertir de la fragilisation de la sécurité d’approvisionnement d’électricité en Europe dans un futur proche.

Pour la France, le signataire est l’Union Française de l’Electricité (UFE) regroupant EDF, RTE, le Syndicat des Energies Renouvelables, Direct Énergie, Total,…

LES PRODUCTIONS « FIABLES » DIMINUENT

Avec l’arrêt de centrales nucléaires en Allemagne et fossiles en France, notamment au charbon, la puissance assurée pilotable diminue dans toute l’Europe. Dans un avenir proche, les capacités de production de différents pays européens ne suffiront plus pour répondre à la demande.

De plus, le communiqué note que « les capacités de production d’électricité issue des énergies renouvelables intermittentes (ENRI) continuent à se développer« . Ces productions étant fatales, leurs variations quasi-aléatoires doivent être compensées par des apports de centrales « pilotables », c’est-à-dire non solaires ou éoliennes.

Or, «  la capacité de ces centrales pilotables diminue dans de nombreux pays. Si cette évolution n’est pas contrecarrée dans quelques années à peine, la solidarité entre les pays, jusque-là pratiquée, sera compromise… ». Pour éviter des coupures générales, chaque pays coupera les échanges avec le ou les pays dont le réseau électrique s’effondrera.

La conférence de Berlin a confirmé que sur la prochaine décennie l’Allemagne ne doit pas compter exclusivement sur les possibilités de secours frontaliers pour assurer sa sécurité d’approvisionnement lors des épisodes de faible production d’éolien et de photovoltaïque.

La Suisse aussi se préoccupe de la capacité d’exportation décroissante de ses principaux partenaires. « Aujourd’hui, s’en remettre aux futures importations de courant venant d’Allemagne et de France n’est pas une bonne stratégie et représente un risque important », déclare le Suisse Michael Wider.

Le communiqué indique que la situation se dégrade « car les conditions actuelles du marché ne permettent pas la construction de nouvelles centrales pilotables, ni d’installations de stockage d’électricité ».

La fédération allemande des entreprises avaient déjà publié une analyse similaire en août 2018.

ÉVITER LE « BLACK-OUT » !

Il s’agit maintenant d’assurer la sécurité d’approvisionnement de l’Europe en électricité pour éviter des coupures.

Jusqu’à présent, le fondement de la politique européenne a été de faire jouer la concurrence  entre compagnies d’électricité dans l’espoir de diminuer le prix de l’électricité. Le résultat est aujourd’hui à l’opposé.

Les gigantesques subventions soutenant le développement des EnRI de certains États européens dont les rouages financiers sont aux mains d’une écologie politique antinucléaire, l’Allemagne en tête, ruinent cette concurrence et déstabilisent le marché.

Une vraie concurrence aurait pu, au contraire, servir le développement d’un système électrique robuste et économiquement rationnel.

« Des mesures attrayantes doivent être prises pour la construction des centrales électriques pilotables et d’installations de stockage de l’électricité » indique le communiqué.

Il faudrait donc subventionner la construction de nouvelles centrales thermiques pilotables, des capacités de stockage… et tout ça en plus des aides financières grandissantes aux EnRI qui continuent de se développer, alors que la France veut fermer Fessenheim en parfait état de fonctionnement…

Aucune conséquence de ces mesures sur les factures des consommateurs n’est évoquée, ni l’impact sur les émissions de gaz carbonique des centrales « pilotables  » à gaz et à charbon qu’il faudra (re) construire.

CASSER LE NUCLÉAIRE « TROP AVANTAGEUX » POUR LA FRANCE ?

Les 10 associations arrivent à des conclusions aussi désolantes parce que des gourous verts régnant en maître à Bruxelles, où les représentants français n’ont que des strapontins, ont voulu casser la position dominante et « trop » avantageuse d’EDF en Europe, grâce à son nucléaire.

Ses artisans sont en voie d’obtenir cette « casse » de la production nucléaire en France… et ils entraînent avec elle l’ensemble du système électrique européen !

Cette falsification du marché qui subventionne abusivement les EnRI au détriment d’un appareil productif sûr et pilotable n’a pas d’autre but que de ruiner cette concurrence du nucléaire français. Cette production abondante et bon marché dérange les intérêts financiers d’autres pays européens, notamment l’Allemagne dont la transition énergétique fondée sur les EnRI est au bord de l’échec selon sa propre Cour des comptes.

Ce « laisser-faire » s’apparente à une trahison de nos responsables politiques.

CHANGER DE CAP DEVIENT URGENT

L’investissement dans le stockage, quelle que soit sa forme (batteries, gaz en cavité, hydrogène,…), serait ruineux et inefficace.

Ces 10 associations professionnelles de l’industrie énergétique tirent la sonnette d’alarme. Si les gouvernements ne changent pas de cap dans la politique européenne de l’énergie, la solidarité actuelle entre les pays pour se secourir mutuellement en cas de besoin sera compromise d’ici quelques années.

Le « tocsin » sonné par de grands professionnels de la production d’énergie sera-t-il entendu cette fois par les gouvernements européens, notamment français ?

 1 - Il s’agit de l’Union Française de l’Électricité (France), de l’Energy-UK (Royaume Uni), de l’Energie-Nederland (Pays Bas), du BDEW (Allemagne), du VSE (Suisse), de l’E-Wirtschaft (Autriche), de la FEBEG (Belgique), et des organisations similaires norvégiennes, luxembourgeoises  et tchèques ?

Immobilier - 2 stratégies pour faire +10 % par an

http://www.objectifeco.com/immobilier/immobilier-physique/4-investissement-locatif/immobilier-2-strategies-pour-faire-10-par-an.html

jeudi 18 octobre 2018

La descente aux enfers de l’industrie française

La France est le pays d’Europe où la part de l’industrie dans le PIB est maintenant la plus faible, et elle est aussi, le pays où les dépenses publiques sont les plus fortes et les prélèvements obligatoires les plus élevés.
Par Claude Sicard.
Un article d’Entrepreneurs pour la France
L’économie française fonctionne au ralenti : elle est comme bloquée dans son développement. Tous les symptômes sont là : une croissance ralentie, un taux de chômage très élevé que les gouvernements successifs ne sont pas parvenus à réduire, une balance commerciale régulièrement déficitaire, et un État qui s’endette un peu plus chaque année pour boucler ses budgets. Et l’INSEE qui dénombre en France plus de 8 millions de pauvres.
D’où viennent donc les difficultés de l’économie française ? Les économistes, on ne comprend pas pourquoi, tardent à nous l’expliquer, ce qui est bien regrettable, car pour faire des pronostics sur la portée des mesures que le gouvernement a prises pour relancer l’activité économique du pays, il faut disposer d’un diagnostic correct. Il s’agit de l’enchaînement insidieux suivant, qui n’est jamais expliqué au public. À l’origine, l’effondrement du secteur secondaire de l’économie, l’industrie, en fait le plus important des trois secteurs d’activité qui composent l’économie d’un pays : ce secteur a produit de moins en moins de richesses.
Il s’en est suivi un accroissement régulier des dépenses publiques pour remédier aux dégâts causés à la population par la défaillance du secteur industriel ; d’où des prélèvements obligatoires de plus en plus élevés pour financer ces dépenses, ce qui a conduit à une asphyxie progressive de l’économie. Sans compter un accroissement, année après année de l’endettement de l’État qui recourt à cet expédient pour boucler ses budgets, les prélèvements obligatoires étant chaque année insuffisants. À présent, en matière de dette publique, on est au taquet, ce qui va poser à nos gouvernants de réels problèmes.

LA FORTE AMPUTATION DE NOTRE SECTEUR INDUSTRIEL

La contribution du secteur industriel à la formation du PIB est passée, dans notre pays, de 25,0 % dans les années 1975 à 10,0 % aujourd’hui (hors BTP), alors que la norme en la matière se situe, au plan européen, à 20 %. Et les effectifs de ce secteur d’activité sont passés de 6,2 millions de personnes à la fin des Trente glorieuses à 2,7 millions à présent.
Notre machine économique se trouve donc amputée de plus de la moitié de son potentiel contributif à la création de richesse du pays. Aussi, avec ce taux de 10 %, qui est le plus faible de tous les pays de l’Union européenne, la Grèce mise à part, notre système économique doit-il être considéré comme sinistré.
Les activités industrielles sont, en effet, le paramètre essentiel expliquant la richesse des pays développés. La revue Avenir Suisse, dans un numéro de 2012, soucieuse de mettre en valeur les belles performances de l’économie suisse, a calculé, ce qui est tout à fait original, la production industrielle des grands pays rapportée au nombre des habitants. On y voit des écarts considérables entre les pays. Le tableau de chiffes publié par la revue suisse mérite d’être examiné :
PaysProduction industr./habitant (En US$)
Suisse12.400
Finlande8.800
Japon8.600
Suède8.300
Allemagne7.700
Pays Bas6.000
Corée du Sud5.800
Italie5.500
France4.500
Grande Bretagne4.000
Brésil1.700
Russie1.600
Chine1.500
Inde200
En s’en référant à l’indicateur habituel de richesse qu’est le PIB/tête, on constate qu’il existe une corrélation très étroite entre l’importance de la production industrielle de ces pays, prise comme variable explicative, et leur niveau de richesse. C’est ce que montre le graphique ci-dessous.
Corrélation production industrielle/habitant et PIB/tête
Source :
Production indus/habitant : Revue suisse (2012)
PIB/tête : BIRD 2017
La production industrielle apparaît ainsi comme une variable explicative très sûre de la prospérité des pays. La France en est à 4 500 $ seulement de production industrielle par habitant, alors que l’Allemagne se situe à 7 700, la Suède à 8 300 et la Suisse à 12 400. Avec une production industrielle par habitant relativement faible, notre pays a, tout naturellement, un revenu per capita qui est loin d’être l’un des plus élevés d’Europe : en 2017, il était, selon les statistiques de la BIRD, de 38 476 $ seulement, contre 48 223 $ aux Pays Bas, 53 442 $ en Suède, et 80 189 $ en Suisse.
Cet affaiblissement considérable du secteur industriel dans notre pays explique parfaitement le taux de chômage très élevé caractérisant l’économie française, ainsi que le déficit de notre balance commerciale. Nous devrions avoir, si nous avions suivi l’évolution des autres pays, environ 1,8 million de salariés supplémentaires travaillant dans le secteur industriel.
Vu que chaque emploi dans l’industrie génère en moyenne 2 emplois, au moins, dans le secteur des services, on voit que la population active de notre pays, si le secteur industriel ne s’était pas atrophié, compterait aujourd’hui 5,4 millions de travailleurs de plus. Le chômage se trouverait donc ramené à son taux normal (3 à 4 % de la population active), et le taux de population active qui n’est que de 43,6 % seulement actuellement, un taux particulièrement faible qui témoigne bien de l’état anémique de notre économie, se monterait alors à 51,6 %, taux qui s’approcherait sensiblement de la norme européenne, l’Allemagne étant par exemple à 52,4 % et les Pays Bas à 53,3 %.
Quant aux exportations, avec ce renfort de 1,8 million de travailleurs dans l’industrie, elles se trouveraient majorées de 260 Md€ environ, chiffre résultant du ratio actuel d’exportation de l’industrie française. Il y aurait donc un excèdent commercial d’environ 150 à 200 Md€, alors que le déficit actuel est de 62 Md€.

L’ACCROISSEMENT DES DÉPENSES PUBLIQUES

Du fait de la défection du secteur industriel dans cette course à la création de richesse qui caractérise le monde moderne, l’État français est venu au secours des populations et des territoires pour maintenir le niveau de vie des habitants, jouant, comme l’exige tout particulièrement dans notre pays la population, un rôle protecteur. Les dépenses publiques, sous la poussée tout spécialement des dépenses sociales, ont ainsi très fortement progressé en France ces quarante dernières années, croissant régulièrement beaucoup plus rapidement que le PIB.
Elles sont ainsi passées de 34,6 % du PIB, en 1980, à 56,4 % en 2017, et la France est aujourd’hui le pays en Europe où elles sont, en proportion du PIB, les plus importantes. Elles se sont élevées à 1 291,9 Md€ en 2017, les dépenses sociales représentant l’essentiel : 58 % du total. Il s’agit là, des dépenses vieillesse, santé, famille, chômage, retraites, lutte contre la pauvreté et l’exclusion, etc. On se souvient qu’Emmanuel Macron, dans une réunion de travail à l’Élysée, a fulminé, parlant d’« un pognon dingue » mis dans les minima sociaux. Le chômage, par exemple, représente à lui seul, 35 Md€.
Mais les dépenses sociales sont presque impossibles à réduire, car, en démocratie, l’opinion publique ne le permet pas. Ce phénomène de compensation par un accroissement et une socialisation des dépenses sociales, d’une insuffisante contribution du secteur industriel à la création de richesses dans les pays, est d’ailleurs assez général, semble-t-il, comme le montre succinctement le tableau suivant :
PaysIndustr./PIB (BIRD)Dépenses sociales/PIB (OCDE)
France17,4 %31,5 %
Grande Bretagne18,6 %22,0 %
OCDE22,0 %21,0 %
Suisse25,2 %19,0 %
Chili30,0 %11,0 %
Corée du Sud35,9 %10,0 %
Les taux d’industrialisation indiqués ici sont ceux de la BIRD (selon sa définition très large de l’industrie), et les niveaux de dépenses sociales sont ceux calculés par l’OCDE. On voit que les dépenses sociales sont, d’une façon générale, inversement proportionnelles aux taux d’industrialisation des pays : la corrélation n’est, en fait, pas parfaite, car d’autres éléments interviennent.
Malgré le handicap que constitue pour l’économie française le très fort fléchissement du secteur industriel, le taux de pauvreté n’est que de 13,6 %. Dans d’autres pays européens où l’économie est plus dynamique les taux sont à peine moins élevés : 11,9 % au Danemark, par exemple, et 12,7 % aux Pays Bas… En Italie il s’agit de 20,5 % et en Espagne de 22,3 %. Ce relativement bon résultat français est obtenu par des dépenses publiques considérables, bien plus élevées que partout ailleurs.

L’ACCROISSEMENT DES PRÉLÈVEMENTS OBLIGATOIRES (PO)

Dans les pays dont l’économie est à la peine on note donc que les dépenses publiques croissent rapidement. Elles sont gonflées, partout, par des emplois publics pléthoriques, et c’est, effectivement, ce qui s’est produit en France. Ces dépenses publiques sont utilisées comme un instrument permettant de stimuler l’économie et de lutter contre le chômage. Pour les financer, les États sont contraints d’accroître les rentrées fiscales, c’est-à-dire les « prélèvements obligatoires ».
En France, ces derniers ont ainsi crû régulièrement, d’année en année, et ils atteignent maintenant le niveau le plus élevé de tous les pays d’Europe : 47,6 % du PIB, alors que la moyenne des pays de l’UE est de 39,7 %, et celle des pays de l’OCDE 34,1 %. Malgré ce taux record, ils ne sont pas suffisants pour couvrir toutes les dépenses, et l’État doit, chaque année, s’endetter davantage. Cela fait 44 ans que le budget de l’État est en déficit, et la dette atteint maintenant 98 % du PIB.
Cette pression fiscale considérable étouffe l’économie, d’autant qu’elle s’exerce aussi sur les entreprises. Le Medef a montré dans une étude de 2016 que les prélèvements fiscaux et sociaux, par rapport à la valeur ajoutée des entreprises françaises, sont de 23,8 %, alors qu’ils ne représentent que 13,6 % en Allemagne et 9,2 % au Danemark. Les marges des entreprises s’en trouvent réduites : 31,4 % seulement en France, contre 40,4 % en moyenne dans la Zone Euro. Cela mine la compétitivité de nos entreprises et réduit considérablement, tant leurs capacités d’investissement que leurs moyens de faire de la recherche.
Cet accroissement constant des dépenses publiques a conduit à un système fiscal où les contribuables aisés qui seraient en mesure d’investir dans des start-up ne le font pas, ce qui empêche les nouvelles entreprises qui se créent de disposer des moyens financiers dont elles auraient besoin pour financer leur croissance. L’IRDEME (Institut de Recherche sur la Démographie des Entreprises) a ainsi montré que les « gazelles » françaises courent beaucoup moins vite que les gazelles anglaises, en sorte que la création de nouveaux emplois dans le pays est très insuffisante.

COMMENT RANIMER L’ÉCONOMIE FRANÇAISE ?

Comme nous venons de le montrer, les difficultés dans lesquelles se débat aujourd’hui l’économie française ont pour origine l’effondrement de notre secteur industriel. La France est le pays d’Europe où la part de l’industrie dans le PIB est maintenant la plus faible, et elle est aussi, le pays où les dépenses publiques sont les plus fortes et les prélèvements obligatoires les plus élevés. La corrélation entre ces phénomènes est évidente. Curieusement, personne ne semble l’avoir noté jusqu’ici.
L’économie est une discipline qui a des liens très étroits avec le comportement des individus. Tout est là. La France est installée dans un système d’économie libérale, qui fonctionne, d’une manière paradoxale, avec des verrouillages administratifs nombreux qui empêchent le marché de s’ajuster, comme le voudrait la main invisible d’Adam Smith. Les Français n’aiment pas les riches et ils manifestent un goût très prononcé pour l’égalité : aussi la France est-elle le pays d’Europe où la doctrine marxiste a le plus marqué les esprits. La puissance publique, en conséquence, intervient beaucoup dans la vie économique.
Les Français demandent d’ailleurs, toujours davantage d’intervention de l’État : un sondage IFOP de mai 2014 indiquait, par exemple, que 55 % des Français souhaitent que « l’État intervienne davantage dans l’économie ». De surcroît, malgré son économie sinistrée, le pays doit se plier aux exigences de la Commission européenne. Celle-ci demande à l’État d’équilibrer ses budgets, de cesser de s’endetter, et de ne pas intervenir pour soutenir les entreprises en difficulté.
Malheureusement, Bruxelles ne dit jamais rien sur toutes les contraintes absurdes que l’État français impose à ses entreprises : les 35 heures de Martine Aubry, une trop forte taxation du travail, une fiscalité sur les entreprises plus lourde que dans les autres pays européens, etc. On se souvient qu’il y eut même, sous un gouvernement socialiste, des interdictions de licencier.
La France navigue donc entre deux eaux : elle est à mi-chemin entre un système libéral et un système dirigiste. Il faudrait qu’elle opte clairement pour l’un ou l’autre de ces systèmes : soitle libéralisme économique avec des interventions de la puissance publique très réduites, soit un système que certains ont appelé le « néo-colbertisme » où l’État jouerait un rôle de stratègeet interviendrait directement dans l’économie.
Il serait temps d’ouvrir le débat pour sortir de l’ambiguïté : Emmanuel Macron a eu tort de ne pas le faire dès sa prise de pouvoir. Il se trouve, de ce fait, condamné à se limiter à des mini-réformes, des réformes sans réelle portée. Il chute donc, à présent, de mois en mois, dans les sondages. Il est par conséquent extrêmement difficile d’imaginer que le redressement de notre économie puisse se faire d’une manière rapide.